Le PTB Bruxelles-ville présente 10 propositions pour lutter contre la discrimination et le racisme

Le PTB se bat pour une ville à taille humaine. Mathilde EL Bakri, tête de liste du PTB*PVDA à Bruxelles-Ville : « Pour nous, cela signifie à la taille de tous ces habitants quelques soit leur origines, cultures ou confessions. Aujourd'hui près de 70 % des bruxellois sont d'origine étrangère. Cette super-diversité est une source de richesse et offre de solides atouts si nous parvenons à offrir à tous des chances et des droits égaux. Or ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le risque de pauvreté, de chômage, de faible qualification ou de logement médiocre est beaucoup plus grand aujourd'hui si vous avez une couleur différente ou si votre nom suggère une origine étrangère. »

L'affaire Samira-Cécile révélée par le PTB a remis la question des discriminations sur le marché d'emploi au centre de l'actualité en 2015. Les personnes d'origine immigrée sont victimes de discriminations et du racisme structurel en cherchant du travail mais aussi en cherchant une maison, à l’école, dans la rue, au club de sport, aux comptoirs des administrations...

Mathilde El Bakri : « Aujourd'hui, nous voyons comment, dans notre ville, les différences entre les groupes sont mises en concurrence les unes contre les autres pour détourner l'attention des véritables responsables du manque de travail, de logement et de services sociaux dans la ville. » Le PTB s’oppose systématiquement et de façon conséquente à cette politique. Nous voulons une ville où il y a du travail et un logement abordable et de qualité pour tous et où l'enseignement élimine l'inégalité au lieu de l'aiguiser. Nous pensons qu’il faut renverser la logique d'austérité pour investir massivement dans les besoins sociaux. C’est une condition nécessaire à l’égalité dans la diversité. Ce n’est qu’alors que toutes les communautés pourront s’impliquer activement et que les droits fondamentaux de chacun pourront être garantis.

Avec le PTB nous voulons faire de Bruxelles un laboratoire. Une ville pleine d'échanges interculturels pour construire une culture progressiste internationale. À cet égard, Bruxelles, ville multilingue et multiculturelle, doit servir d’exemple au reste du pays. Le moment d’un revirement culturel est aussi venu. Notre commune doit embrasser sa diversité comme une richesse et une fierté. Plutôt que de se diviser, intégrer les meilleurs aspects de chaque culture constitue une force et un atout pour les Bruxellois. C'est pourquoi un ambitieux plan contre la discrimination et le racisme est nécessaire et urgent dans notre ville. Nous en proposons un avec 10 mesures concrètes.

 

PLAN D'ACTION DU PTB-BRUXELLES CONTRE LA DISCRIMINATION ET LE RACISME


1. NOUS PREVOYONS SUFFISAMENT DE SERVICES SOCIAUX DANS LA VILLE POUR QU'IL NE PUISSE PLUS Y AVOIR DE CONCURRENCE ORGANISEE ENTRE LES PERSONNES FRAGILISEES.

Nous voulons développer des services publics et sociaux en suffisance (CPAS, logement social, travail, enseignement de qualité, maisons médicales avec des soins gratuits, etc.) afin de stopper la concurrence entre les travailleurs. Nous pensons qu’il faut renverser la logique d'austerité pour investir davantage dans les besoins sociaux. Dépenser des dizaines de millions dans un centre commercial qui risque d'être vide (comme la majorité PS-MR veut le faire à Bruxelles-Ville) ou construire du logement social ? Le PTB a choisi : ce sera du logement social.

 

2. NOUS INSTALLONS DANS TOUS LES QUARTIERS DES POINTS ACCESSIBLES POUR PORTER PLAINTE EN CAS DE DISCRIMINATION.

Nous voulons que chaque maison de quartier devienne une antenne où les citoyens puissent porter plainte et alerter les services communaux de l’égalité. Les formalités administratives doivent être simplifiées et l’anonymat doit être garanti: pour les personnes sans papiers, pour les personnes vulnérables, pour tous les citoyens de cette ville.


3. NOUS INTRODUISONS DES TESTS PRATIQUES PROACTIFS POUR DETECTER ET SANCTIONNER LA DISCRIMINATION, EN PREMIER LIEU SUR LE MARCHE DE L'EMPLOI ET DU LOGEMENT.

Nous voulons que la commune organise le « testing anti-discrimination », particulièrement sur le marché du logement et de l’emploi, de façon pro-active et avec sanctions (via organes régionaux compétents)


4. NOUS NE TOLÉRONS PAS DE RACISME OU DE DISCRIMINATION DE LA POLICE ET D'AUTRES SERVICES DE L'ETAT.

La police, mais aussi l’administration et les services publics, ne peuvent plus admettre la moindre forme de racisme ou de discrimination en leur sein. Nous prendrons des mesures contre le profilage ethnique généralisé. Les actes ou propos racistes doivent être interdits et sanctionnés. Les responsables doivent être irréprochables et montrer l’exemple. En amont, des formations intensives au respect de la diversité et à l’interculturalité doivent avoir lieu pour sensibiliser le personnel.

 

5. NOUS LEVONS L'INTERDICTION DU VOILE DANS LES SERVICES COMMUNAUX ET À L'ÉCOLE.

L’interdiction du port du voile sur le lieu de travail comme dans l’enseignement doit être levée. Cette interdiction est injuste et constitue un frein à l’insertion professionnelle et à l’émancipation sociale. La liberté de religion et de culte consacrée dans la loi doit être effective.

 

6. NOUS VOULONS QUE LE PERSONNEL DES SERVICES COMMUNAUX ET DE L’ENSEIGNEMENT COMMUNAL SOIT LE REFLET DE LA DIVERSITÉ DE LA VILLE EN ÉTABLISSANT DES QUOTAS.

Nous voulons que le personnel représente la diversité qui existe au sein de la population. Nous devons fixer des quotas ambitieux pour atteindre cet objectif. Cela doit aussi concerner les postes qualifiés et à responsabilité.

7. NOUS VOULONS DECOLONISER L'ESPACE PUBLIC

Depuis l'indépendance du Congo, la Belgique n'a pas fait son travail de conscience sur la colonisation. L'espace public est truffé de références à la période coloniale.

Nous devons aussi décoloniser l’espace public en nous appuyant sur la victoire populaire autour de la place Lumumba et rendre justice à l’histoire de l’immigration au sein des programmes scolaires notamment.

 

8. NOUS INVESTISSONS DANS DES LIEUX DE RENCONTRES CULTURELLES DANS LES QUARTIERS, AU TRAVAIL ET DANS LES ENSEMBLES D'IMMEUBLES .

Nous devons investir plus de moyens humains et financiers dans des maisons de quartiers qui développent la culture populaire dans toute sa diversité. La commune doit engager plus de travailleurs communautaires et sociaux ancrés dans la diversité et leurs quartiers.

Nous avons besoin d'organiser dans l’espace public des assemblées pour décider ensemble de projets communs, et de le permettre aussi sur les lieux de travail et dans les ensembles d'immeubles.

 

9. NOUS DÉFENDONS UNE POLITIQUE INTERCULTURELLE ACTIVE.

Nous défendons une politique interculturelle active et égalitaire, avec des endroits adaptés prévus pour les différentes fêtes traditionnelles ou religieuses dans l’espace public. Nous voulons organiser le dialogue entre toutes les communautés, nous voulons les impliquer au niveau organisationnel et nous appuyer un maximum sur les personnes qui bâtissent des ponts entre les cultures.

 

10. NOUS ENCOURAGONS LES ACTIVITES INTERCULTURELLES

Nous voulons une politique publique qui fasse activement la promotion du pluralisme. La promotion d’un regard positif sur les différentes cultures et sur la réalité des pays dont sont originaires les différents habitants de Bruxelles est nécessaire.


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