Avec le PTB dans le conseil communal bruxellois, le projet NEO n’aurait pas été voté. Le parti de gauche réclame une consultation.

Lundi soir, au conseil communal de Bruxelles-Ville, une courte majorité a donné le feu vert à la construction du projet Neo sur les terrains publics. Groen, Ecolo et Change se sont abstenu. En poussant le projet Neo avant la formation du nouveau conseil communal, Philippe Close échappe à l’opposition du PTB. « Nous demandons que le débat sur la globalité du projet soit ouvert à la population », déclare Mathilde El Bakri, conseillère communale PTB-PVDA à Bruxelles.

Neo ne remporte par les faveurs de la population

Le projet NEO au Heysel a suscité des protestations dès le départ. En 2012 déjà, la Commission Régionale de Développement (CRD) s’est opposée à un centre commercial sur le plateau du Heysel. Diverses organisations de la société civile et l’UNIZO ont signé un appel. Une pétition du comité de quartier Houba-Sobieski-Heysel a rassemblé 4000 signatures contre le projet. Pourtant, la Région bruxelloise et la Ville de Bruxelles continuent sur leur lancée. « Neo est un Partenariat Public Privé qui va coûter 335 millions à la communauté. Vu le manque de soutien de la population, nous demandons avec le PTB que l’affectation du plateau du Heysel soit remise sur la table », dit Mathilde El Bakri du PTB, fraîchement élue au conseil communal.

Trop d’irrégularités

 “Ce projet tient particulièrement à cœur au bourgmestre Close. Ce n’est pas un secret. », remarque Mathilde El Bakri. « Et ce n’est pas non plus un secret que le projet fait l’objet de nombreuses critiques à cause du manque de transparence. » Avec Henri Dineur, ancien chef de cabinet de Charles Picqué (PS), Close siège dans les conseils d’administration des asbl Brussels Expo et Neo, qui sont en charge du développement du projet. Début de l’année 2018, il s’est encore retrouvé sous le feu des projecteurs à cause de faux contrats et de consultants grassement payés par les asbl de la ville impliquées dans le projet. “Le fait que le vote ait eu lieu vite vite avant que le nouveau communal – comprenant le PTB- ne soit installé est un épisode de la saga Neo qui en dit long », souligne le PTB.

Ce projet ne serait pas passé avec le PTB dans le conseil communal

Le fait que le PS ait voté pour la désaffectation de quelques voies publiques n’était pas une surprise, pas plus que le vote négatif de l’opposition N-VA, CD&V et cdH. Le vote négatif du MR par contre, qui s’était profilé comme un ardent défenseur du projet au cours des dernières années, a fait sourciller. Mais l’abstention de Groen, Ecolo et Change a été un rebondissement inattendu dans la salle du conseil de la Grand-Place. « Ecolo et Groen sont de plus en plus critiques face au projet Neo, qui va attirer 20 000 à 25 000 voitures par jour. En s’abstenant, ils ont permis la validation administrative et juridique du développement de ce projet mégalo. Je trouve cela incompréhensible », réagit El Bakri. « Hier, le PTB n’avait pas encore de voix au conseil communal car les nouveaux élus n’entreront en fonction que le 3 décembre. Avec la fraction du PTB, on aurait pu s’opposer au projet avec 21 voix contre 19. Car ce qui a été voté hier est une privatisation cachée d’un espace public au profit du consortium de trois sociétés cotées en bourse : Besix, Unibail-Rodamco et CFE. » continue le conseiller PTB.

Rouvrir le débat, impliquer les habitants

Pendant ce temps, les comités de quartier autour du Heysel continuent à résister contre un projet dans lequel ils ne se sentent pas entendu. Pour le PTB, la manière dont un dossier d’une telle importance est traité est inacceptable. « Nous avons mis un plan alternatif* sur la table dans lequel nous proposons de construire 1200 logements abordables dont 30% de logements sociaux et de réduire la surface commerciale à un sixième de la surface actuellement proposée. Les organisations de terrain comme l’IEB et le BRAL ou les comités de quartier ont aussi un avis sur les possibilités de réaffectation d’une grande partie du plateau du Heysel. Avec le PTB, nous demandé que le débat soit rouvert », conclut Mathilde El Bakri. A partir du prochain conseil communal, Close, D'Hondt et Ans Persoons pourront compter sur l’opposition constructive de la nouvelle fraction PTB-PVDA au conseil communal bruxellois.




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