Une commune en sécurité

Des tirs à l’arme de guerre ont lieu et des personnes sont mortes. Face au danger créé par les gros trafiquants, les habitants se sentent abandonnés. Dans l’immédiat, une présence policière permanente est nécessaire pour casser le trafic dans les “hotspots”. C’est une première étape pour permettre aux différents acteurs de réoccuper le terrain en sécurité. Mais les opérations “coups de poing” ne règlent rien dans la durée, comme on l’a vu avec la gare du Midi : nous avons besoin d’un plan concret et durable.Vivre en sécurité, pouvoir jouer dehors, se balader en rue, faire ses courses ou prendre les transports en commun en toute quiétude,.. : un droit fondamental, comme le droit à l’enseignement ou le droit au travail. Le droit à la sécurité et à l’intégrité physique est un droit essentiel pour une gauche conséquente. Pour lutter contre la violence et la criminalité, il faut s'attaquer à la grande criminalité organisée, comme les trafiquants d'armes ou les barons de la drogue. Par appât du gain, ils détruisent la vie de centaines de jeunes et créent de la violence dans nos quartiers. Il faut sanctionner la criminalité de manière effective et miser en même temps sur une politique de prévention reposant sur la justice sociale, des quartiers solides et des agents de quartier proches de la population.Renforcer le sentiment de sécurité, c’est réinvestir dans le service public de proximité: rouvrir les commissariats de quartiers, renforcer les équipes de prévention et de police sur le terrain, avec des équipes qui connaissent les quartiers.

Ce que nous voulons

Un. Des commissariats de quartier aisément accessibles

  • Nous sommes partisans de bureaux de police aisément accessibles, également ouverts la nuit. 
  • Nous développons une police de quartier proche des gens. Elle offre un service accessible afin d’améliorer la cohésion sociale et le vivre ensemble. Elle connaît le quartier, peut vite repérer les situations et (faire) intervenir plus rapidement avant que la situation ne dégénère. 
  • Nous revalorisons le rôle de l’agent de quartier. Nous favorisons une politique de proximité, pas une politique d’interventionnisme. Nous voulons recruter comme agents de quartier des habitants qui connaissent la réalité locale de leur quartier. Chaque quartier et cité sociale doivent avoir un ou plusieurs agents de quartier référents pour gérer les problèmes du quotidien.
  • Nous organisons la participation au niveau des quartiers, pour les habitants et les associations, afin de définir les priorités en matière de prévention et de sécurité dans le quartier.
  • Nous refusons la fusion des zones de police dans une seule mégazone qui s’éloignerait des quartiers et de ses habitants, et rendra plus difficiles la participation par les habitants et le contrôle par les conseillers de police.

Deux. Mieux vaut prévenir que guérir

  • Nous améliorons la qualité de vie dans les quartiers, nous assurons davantage d’aide, de prévention et de contrôle social par des travailleurs de quartier et autres travailleurs sociaux, des animateurs de jeunesse et des gardes communautaires. 
  • Nous renforçons les équipes de prévention sur le terrain et les éducateurs de rue.
  • Les services jeunesse et prévention doivent aussi pouvoir mener une politique de réinsertion pour la minorité de “jeunes judiciarisés” de la commune, basée sur l’emploi, la formation qualifiante, mais aussi l’organisation d’activités récréatives, sportives et culturelles. 
  • En collaboration avec la STIB, nous garantissons une présence de stewards dans les stations de métro et arrêts importants, ainsi que dans les trams et métros.
  • Nous plaidons pour un plan de prévention ambitieux et modernisé contre les dépendances. Nous soutenons les associations qui prennent en charge le public dépendant, afin qu’elles puissent assurer la sécurité et le dialogue dans le quartier, ainsi qu’un maximum de missions d’accompagnement social-santé.
  • Nous sommes pour le refinancement de l’enseignement, pour le droit au travail, et pour le renforcement de la sécurité sociale comme bases de la justice et de la sécurité sociale. 

Trois. Combattre efficacement la délinquance et la grande criminalité

  • Tolérance zéro pour le crime organisé. Nous donnons la priorité à la lutte contre les mafias, les barons du trafic de stupéfiants et du trafic d’êtres humains ainsi qu’à la grande escroquerie et à la fraude. 
  • La lutte contre le trafic de drogue et la consommation de drogue dans nos rues doit être pris en main sérieusement, avec une approche de prévention en collaboration avec les écoles, les maisons de jeunes et la police. Mais aussi avec un renforcement des équipes de police de proximité et de gardiens de la paix sur le terrain.

Quatre. La victime occupe une place centrale

  • Nous améliorons l’accueil des victimes et personnes désirant porter plainte. Toute déclaration ou plainte mérite d’être écoutée et constatée. Nous sensibilisons les équipes quant aux plaintes contre des agressions verbales ou physiques sexistes, homophobes, transphobes ou racistes. Nous renforçons le service de l’aide aux victimes.
  • La sécurité des femmes est une priorité. Nous voulons développer la cellule EVA (Emergency Victim Assistance) qui accompagne les victimes de violences sexuelles et intrafamiliales, notamment les femmes.
  • Nous œuvrons pour l’ouverture d’un deuxième centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS) sur le territoire de la Région bruxelloise. 
  • En cas de petite criminalité de rue, nous sommes surtout partisans de sanctions éducatives centrées sur la réparation. Nous soutenons - si la victime et l’auteur sont favorables - la méthode de médiation-réparation-confrontation appliquée déjà en Flandre (« Herstelgericht Groepsoverleg » - Hergo). Ce système permet de  faciliter la clôture psychologique chez la victime, et,  chez l’auteur,  la prise de conscience de ce qu’il a provoqué chez les victimes.

Cinq. Un plan ambitieux de prévention contre les dépendances

  • Nous implémentons un plan de prévention ambitieux contre les dépendances, ralliant écoles, parents, médecins et associations.
  • Nous augmentons la capacité des centres d'accueil de jour et des centres d'hébergement pour les personnes présentant des problèmes de drogue ou d'alcool afin que tous ceux qui en ont besoin reçoivent les soins nécessaires et puissent suivre un parcours d'intégration.
  • Nous ouvrons des locaux de consommation à moindre risque pour suivre médicalement et socialement les consommateurs problématiques et diminuer les nuisances.
  • Nous investissons dans des politiques de prévention pour couper l'herbe sous le pied des dealers : campagne de sensibilisation à l’école, dans les quartiers, présence d’agents et d’éducateurs de rue. Nous nous battons pour l'avenir de nos jeunes afin qu'ils ne tombent pas dans le monde de la drogue et de la violence.

Six. Le respect pour les droits démocratiques et sociaux

  • Nous refusons la politique de « sanctionner les pauvres » (interdiction générale de l’alcool, interdiction de la mendicité).
  • Nous interdisons le profilage ethnique, en ciblant les contrôles policiers effectués uniquement sur base d’une apparence ou d’une origine. Nous introduisons un système de récépissé, indiquant la raison du contrôle, qui sera donné par la police aux personnes contrôlées. 
  • La police est là pour protéger et servir les habitants. Nous voulons rendre incontournable le respect entre police et habitants.
  • Ce n’est pas en réduisant le droit à la vie privée qu’on réduira les agressions. Nous privilégions les acteurs de terrain au lieu de multiplier les caméras. L’humain et son contact valent mieux que l’objectif d’une caméra. Nous nous opposons aux technologies de reconnaissance faciale.
  • Nous appliquons une politique de tolérance zéro pour des faits avérés de violences policières ou de racisme dans la police. Nous instaurons une ligne verte pour ceux et celles qui veulent dénoncer les abus, harcèlements, comportements sexistes et racistes de policiers envers des collègues ou envers la population.