Introduction : Prendre parti pour une ville à la mesure des gens

Prendre parti pour une ville à la mesure des gens

Reconquérir la Ville

Depuis des années, le PTB développe une vision de la Ville de Bruxelles bien différente de celle de la majorité PS-MR. Nous voyons l’avenir de Bruxelles Ville en partant des besoins de la majorité de la population. Nous comptons sur la créativité des Bruxellois, sur leur curiosité et leurs talents pour développer la Ville ensemble. Nous misons sur la solidarité, entre les habitants mais aussi entre les communes de la Région bruxelloise. Si la Ville ne peut pas tout, elle peut déjà faire beaucoup pour améliorer le quotidien de ses habitants.

La Ville de Bruxelles a le plus grand parc de logements publics, via sa Régie Foncière, de la Région. Nous voulons qu'elle montre l’exemple en appliquant une baisse de loyers dans ses propres logements. Nous voulons d’une Ville qui crée de l’emploi public, qui se préoccupe de la santé de ses habitants en ouvrant dans chaque quartier des maisons médicales aux soins gratuits. Nous voulons en finir avec la pauvreté, avec les spirales vicieuses qu’elle implique, et avec cette concurrence malsaine entre les communes qui pousse à chasser les plus pauvres dans la commune voisine. Nous voulons une ville où tous les habitants soient pris en considération, une ville sans citoyens de seconde zone, sans peur, sans racisme et sans division. Une ville unie, pour remporter tous les défis qui se présentent à elle.

Nous voulons une ville active contre le réchauffement climatique, avec des bâtiments correctement isolés. Une ville verte, dans tous les sens du terme. Verte d’abord pour tous ses citoyens, avec un parc de Laeken ouvert au public et des parcs dans tous les quartiers. Verte ensuite de par son empreinte écologique réduite. Nous voulons une ville sans problème de circulation, où la sécurité des piétons et des cyclistes est une priorité, tout comme le développement des transports publics, y compris pour se rendre au travail. Une ville où la voiture n’est plus nécessaire, où l’on peut s’en servir le moins possible, parce que nos poumons et ceux de nos enfants, tout comme la planète, en ont besoin.

Pour réaliser cela, il ne suffit pas de changer quelques virgules dans le texte. Non. Il nous faut un changement profond : nous devons reconquérir la Ville. Les Bruxellois ont besoin d'un changement fondamental de la ville et de la politique communale. Pas de petits changements ici ou là. Et au PTB, nous voulons mettre en pratique notre vision de la Ville, ce qui passera par un plus grand pouvoir démocratique de la population. Une fois les élections passées, les citoyens n’ont pratiquement plus rien à dire sur les grands projets qui sont mis en place dans leur Ville. Pour nous, cela ne va pas : les citoyens et leurs besoins doivent être au cœur du débat en permanence, ils doivent avoir leur mot à dire et être soutenu par un pouvoir public capable de concrétiser des projets dans leur intérêt. Nous devons oser tenir tête aux pieuvres du secteur privé.

Une ville des gens d’abord

En pensant le programme de la Ville de Bruxelles, nous devons donc toujours nous poser ces questions : pour qui et au détriment de qui la Ville est-elle construite ? Une ville est parcourue d’intérêts opposés. La société Extensa qui a racheté le site de Tour et Taxis pour une bouchée de pain, ne partage pas les mêmes intérêts que les milliers de familles bruxelloises en attente d’un logement social : elle ne prévoit aucun logement social en construction sur le terrain. La ville se construit donc à travers des luttes et des rapports de force.

Nous voulons construire du logement public abordable, répondre aux besoins de logement des habitants. Plutôt que de laisser les clés de la Ville aux grands promoteurs immobiliers, qui préfèrent construire du logement de luxe, comme sur le site de Tour et Taxis, ou sur la tour Upsite par exemple. Ou plutôt que de construire un énième centre commercial inutile comme Néo, qui augmentera le trafic automobile et force la fermeture du centre aquatique Océade.

Nous voulons développer les transports en commun et le vélo, plutôt que de construire encore des parkings privés souterrains et chers. Nous voulons transformer complètement les structures politiques pour les rendre transparentes et les placer sous contrôle démocratique. Et pas simplement via une opération « nettoyage » changer les dirigeants d’organismes comme le Samusocial ou le GIAL : « on en prend d'autres, et on recommence... »

La question n'est donc pas « qui aura quel poste ? » comme certains veulent le faire croire. Mais quels intérêts va-t-on défendre. Au PTB, nous avons choisi, nous voulons avant tout répondre aux besoins des Bruxellois. Nous sommes pour une ville à la mesure des gens, une ville qui ne sera pas mise en vente aux promoteurs immobiliers et aux barons du béton. Une ville qui s’efforce de répondre aux besoins de sa population, grâce à l'organisation et la mobilisation de ses habitants.

Le droit à la ville, plutôt que le citymarketing

Nous n’avons pas cessé au cours de ces années de dévoiler et dénoncer une idéologie commune à chaque parti de la majorité : celle d’une politique libérale qui place le privé et la concurrence entre communes avant les besoins de la population. La vision politique de la majorité bruxelloise est celle d’un cabinet international de conseil en management, qui considère les villes comme des marchandises qui doivent se vendre. Cette politique, également menée dans d’autres grandes villes, fait la part belle aux dépenses de prestige, au « bling-bling » et aux « grands projets ». Une vision largement soutenue par l’Europe du libre marché, qui a pour cela des millions et des millions d’euros, mais nettement moins pour le social et le renforcement de nos services publics. Cette politique libérale du « citymarketing » vise à attirer les hauts revenus à Bruxelles Ville, au détriment de beaucoup de personnes. Et même s’ils prétendent le contraire, le PS et le MR laissent « au bord du chemin » la toute grosse majorité de la population bruxelloise.

Est-ce qu'il s'agit de quelque chose de naturel ? Pas du tout, il s’agit là d’un choix politique affirmé. La convergence d’intérêts entre les grands acteurs de l’immobilier et de la construction d'une part, et les décideurs des partis politiques d'autre part, est toujours plus grande. Les seconds se mettant au service des premiers. Il y a de moins en moins d’hésitation à vendre les espaces urbains aux intérêts privés d’une minorité, à brader le patrimoine de la Ville. Ainsi, petit à petit, la Ville perd le contrôle de son développement. Le privé, lui, a de plus en plus de place pour réaliser des profits toujours plus gigantesques.

Cette vision est-elle limitée au PS et au MR ? Non, tous les partis traditionnels acceptent ce cadre néolibéral et jouent le jeu : ils se contentent de le colorier un peu plus en rouge, bleu, orange, vert ou amarante. Ils refusent tous de remettre le cadre en cause. Or c'est ce qui est nécessaire. Et au PTB, le parti des rebelles au grand cœur, nous avons cette ambition.

La ville doit retrouver son statut de cité et cesser d’être considérée comme un outil de marketing, comme une vulgaire marchandise à vendre. La ville est le lieu où les citoyens vivent ensemble, où ils habitent, où ils travaillent, où ils font leurs courses et où ils se divertissent. Le mot « commune » vient du terme « communauté ». Une commune n’est pas un supermarché. Une administration communale doit veiller à ce que chaque habitant ait un logement décent, les conditions de vie les meilleures possibles, un environnement sain, mais aussi que chacun puisse se déplacer aisément et se divertir. Les besoins des habitants doivent être la priorité de la Ville. Soyons clairs, nous avons le choix entre deux visions diamétralement opposées. Une vision commerciale qui donne la priorité au béton et au privé. Et une vision publique qui donne la priorité aux gens et à une plus grande justice fiscale. Là est tout l’enjeu des élections. Quelle est la vision la mieux adaptée à notre 21ème siècle : la ville vendue aux promoteurs ou la Ville à la mesure des gens ? Pour nous, le parti des rebelles, le choix est fait. Ce sera la Ville à la mesure des gens. Ce sera reconquérir la Ville.

Mathilde El Bakri et l’équipe du PTB Bruxelles Ville, le 15 août 2018

Ont collaboré à ce programme : Michael, Loïc, Dirk, Jan, Giovanni, Claudia, Françoise, Mathilde, Elisa, Pierre, Laurence, Nele, Claire, Hanne, Vincent, Leila, Martin, Gille, Aurélie, Joëlle, Elise, Stéphanie, Riet, Serge, Pierre, Eric, Bob, Agatte, Lieve, André, Yuri, Julie, Carlos, Jan, Tom, Dieter.

Bruxelles Ville, aujourd’hui et demain

Comme de nombreuses villes, Bruxelles n’échappe pas aux « grands projets » : nouveaux centres commerciaux (Docks, Néo), nouveaux logements de haut standing (Upsite, Tour & Taxis), nouvelles tentatives de parkings souterrains privés dans le centre-ville, … Le 21ème siècle serait-il celui de la bétonneuse ? Une chose est sûre : les promoteurs, grands entrepreneurs et autres bureaux d’études sabrent le champagne, devant tant de bonnes affaires, de chantiers lucratifs. Via des « partenariats public-privé » ou des achats pour rien des terrains publics, ils font et défont les villes au gré des tendances du marché – et aussi, disons-le, des caprices de certains élus...

La population, elle, se pose des questions : « De telles dépenses sont-elles raisonnables ? Ces projets sont-ils tous nécessaires, indispensables ? » Oui, la population se pose des questions, mais elle n’a pas réellement voix au chapitre : que ce soit sur les projets, ou sur l’utilisation de l’argent public, celui de la collectivité, pour la collectivité. Pourtant, elle ne manque ni d’idées, ni de sagesse... populaire. Petit bilan sur Bruxelles aujourd’hui, et idées pour demain.

C’est moi qui ai le plus grand, c’est toi qui n’a qu’à...

Il y a eu l’affaire du piétonnier, celui qui devait être le plus grand d’Europe. Il y a eu la tentative de faire de la Bourse un « Temple Beer ». Il y a le projet Néo, il y a déjà eu Docks, ... Il y a l’aménagement de Tour & Taxis qui doit rapporter gros aux investisseurs qui vont bâtir sur le terrain.

Tous ces exemples ne viennent pas de nulle part mais découlent de la vision marchande de la ville, de ce gigantesque terrain de jeux des investisseurs qui veulent du rendement. De cette vision marchande découle aussi une concurrence entre les communes. Des campagnes promotionnelles pour vanter les atouts de la ville, des participations à des salons de l’immobilier comme le MIPIM à Cannes ou le Realty à Bruxelles, où les élus viennent y rencontrer les gros promoteurs, ou encore les déclarations du bourgmestre PS Philippe Close selon qui «" Neo " doit renforcer l'influence internationale de Bruxelles", deviennent monnaie courante. Chacune essaie d’appâter des grandes entreprises, des gros promoteurs privés pour réaliser de grands projets ou de l’immobilier de haut standing. Elles espèrent de cette manière aussi attirer une « nouvelle classe moyenne ».

C’est aussi pourquoi fleurissent des déclarations comme celle de Els Ampe, échevine Open VLD, qui ne veut plus de construction de logements sociaux à Bruxelles Ville car « Bruxelles doit être la vitrine de la Belgique, pas son CPAS ». En résumé, « j’attire les gros projets mais je dis aux communes voisines qu’elles n’ont qu’à s’occuper des pauvres. »

La vision politique de la majorité bruxelloise est celle d’un cabinet international de conseil en management, qui considère les villes comme des marchandises qui doivent se vendre. C’est la compétition au lieu de la coopération. C’est la concurrence égoïste au lieu de la complémentarité solidaire. C’est cela qui amène à vouloir le complexe Néo, le « Temple Beer », le plus grand piétonnier du monde, le Docks, ... Et si possible en plus grand et en mieux que le voisin, sinon les touristes ou la population des plus aisés, qui sont des parts de marché, risquent d’aller dépenser leurs sous ailleurs.

Chaque ville veut donc attirer un maximum de touristes et d’investisseurs et certainement la Ville de Bruxelles. Pour cela il faut un grand ravalement de façade : raser, démolir, récurer, bétonner, rénover... Rénover pour que les Bruxellois vivent dans de plus beaux quartiers et de meilleures conditions de vie ? Non, rénover car la Ville doit se vendre. Faire parler d’elle. Voilà pourquoi il faut beaucoup de « grands projets ». Voilà pourquoi il faut expulser la misère des rues. Voilà pourquoi il faut brader l’espace public. Tout cela fait partie des « recommandations » des cabinets internationaux de conseil en management. C’est ce qu’on appelle du citymarketing, du marketing urbain. Est-ce le modèle que le PTB veut pour demain ? Certainement pas.

Citoyens, merci de la boucler !

Et la population, là-dedans ? Les élus au pouvoir se veulent aussi rassurants que convaincants : les « grands projets » profiteront à tout le monde, l’arrivée de gens plus aisés aura des répercussions positives sur ceux qui ont plus de mal.

Mais la réalité est tout autre, notamment pour les habitants des appartements du Logement Bruxellois: Rempart des Moines. Il s'agit des logements sociaux mieux connus sous le nom des "Cinq Blocs". Situés près du centre-ville et de la rue Dansaert, ils abritent un total de 320 familles, soit plus de 800 habitants. Construits en 1966, ils n'ont jamais connu de rénovations ou de réels aménagements. 50 ans plus tard, les autorités envisagent de les démolir et de reconstruire de nouveaux logements sociaux et moyens qui ne verront pas le jour avant 2026. Entre temps, les familles y survivent dans l'insalubrité totale. Amiante, ascenseurs en panne, humidité, morceaux de façades et de vitres qui tombent. Cela se passe en 2018 dans la commune de Bruxelles-Ville. La section du PTB Bruxelles Ville a mis en route une pétition et se mobilise avec les habitants pour trouver des solutions face à cette insalubrité. Mais à chaque tentative de remettre les pétitions au Bourgmestre Philippe Close, les rendez-vous ont été reportés et annulés.

Citoyens, merci de la boucler !

Une ville des gens d’abord, par et pour les citoyens

Cela nous amène naturellement au fonctionnement de la démocratie locale, et à la place à laisser aux citoyens. Pour certains, la démocratie, représentative, doit se limiter à remplir une ou plusieurs cases les jours d’élections. Entre ceux-ci, la population peut dormir, les élus au pouvoir s’occupent de tout pour elle.

Pour nous, la démocratie, participative, demande d’impliquer au maximum la population dans les décisions budgétaires et le choix des grands projets. C’est simple : il faut commencer par lui demander quelles sont ses priorités, ses besoins mais aussi ses idées, ses envies... Il faut se soucier de la population en dehors des campagnes électorales, en finir avec le marketing politique. Des enquêtes, des débats publics, des consultations populaires, doivent avoir lieu régulièrement, et réellement tenir compte de l’avis des habitants. Il faut stimuler la création de comités de quartier, encourager la participation de tous à la vie de la cité, pour penser et construire la ville de demain avec un maximum de monde. Il faut un budget participatif pour financer les projets des gens eux-mêmes, dans leurs quartiers.

Bruxelles Ville, comme nous la voulons au 21ème siècle

Nous devons penser Bruxelles Ville sur base des grands enjeux de ce début de 21ème siècle. Il y a l’enjeu de la justice sociale, du combat des inégalités, et du bien vivre pour tous, mais aussi l’enjeu environnemental et climatique. En effet, pour vivre, nous dépendons d’un écosystème, et de plus en plus de données montrent que le système économique dominant, le capitalisme, perturbe gravement cet écosystème : changement climatique, pollution de l’air, de la mer, de la terre... Nous sommes à un croisement : à droite, il y a le mur, à gauche, la suite de l’aventure et la survie de l'humanité. Il est plus que temps d’agir, aussi bien pour nous, pour notre santé que pour notre environnement, de penser différemment le développement des villes, de rompre avec le modèle dominant dont l’emblème pourrait être... un centre commercial.

En plus de réfléchir et aménager la ville sur base du respect de l’environnement et du climat, le « bien vivre » des habitants est central. Tout doit être fait pour créer des espaces agréables, propices aux rencontres, à la convivialité, à la solidarité. Cela demande de permettre et d’encourager la participation populaire, au lieu de la craindre et la museler. Cela demande d’imposer ses conditions, qui sont celles de la majorité de la population, aux promoteurs immobiliers, et pas d’accepter leurs projets « clé sur porte ». Cela demande un changement radical dans la manière de nous déplacer et le développement des transports en commun. Cela demande du logement abordable et des emplois en suffisance, pour que chacun y ait droit, sans discrimination. Cela demande des services de proximité dans tous les quartiers, des maisons médicales aux soins gratuits, …

Demain, Bruxelles Ville peut devenir un modèle et un laboratoire, une ville pionnière où ses habitants reconquièrent leurs droits de décider, reconquièrent la ville pour qu’elle réponde à leurs besoins. Ou un grand salon de vente aux investisseurs qui ne savent plus quoi inventer pour obtenir du rendement aveugle. Le choix nous appartient.

La ville est un champ de lutte

À travers l’histoire, il y a toujours eu des oppositions dans les sociétés : entre les maîtres et les esclaves qui travaillaient pour accroître la richesse de ceux qui les achetaient sur les marchés, entre les seigneurs et les serfs qui leur donnaient une part de leur production agricole, entre les ouvriers sans droits et les propriétaires de mines ou d’industries... Ces oppositions entre ceux qui possèdent et ceux qui n’ont rien hormis leur force de travail à vendre définissent des classes sociales, qui ont des intérêts opposés. Ces classes sociales sont donc en lutte pour défendre leurs intérêts.

Aujourd’hui, cette lutte trouve un de ses cadres dans la ville. En 1973, une crise économique éclate et des solutions doivent être trouvées pour la résoudre. Les politiques néolibérales, avec de gros cadeaux fiscaux aux plus riches, avec du désinvestissement public et plus tard un gonflement artificiel de la consommation via les crédits, font exploser les bulles spéculatives et la crise de 2008 éclate. Les actionnaires et investisseurs cherchent des endroits de placement qui leur rapporteront gros sans les risques qui sont liés soit à l’économie qui peut flancher ou à la finance qui peut éclater.

Et c’est là que les villes interviennent. Un endroit sûr, c’est la brique, le béton et tout ce qui va avec. C’est investir dans du logement qui rapporte, c’est faire tourner la bétonneuse du privé dans des travaux d’infrastructures publiques comme le métro etc. Tout le monde doit se loger, voilà donc un marché lucratif en vue… Mais attendre du rendement aveugle, qui fait exploser les loyers, le prix des transports, … engendre forcément de la résistance des habitants qui ne peuvent pas suivre ce rythme. Les luttes et les rapports de force s’enclenchent.

Au nom de quoi la ville est faite, par qui et au détriment de qui ?

Les investisseurs façonnent donc la ville au nom de la rentabilité maximale. Comment ce terrain de jeu peut-il si vite se développer ? Prenons un exemple : celui du site Tour et Taxis. Comment se fait-il qu’au départ le projet d’aménagement du site prévoyait un minimum de 20% de logements sociaux et qu’on arrive aujourd’hui au chiffre du zéro pointé ? Simple : en laissant l’écriture de l'arrêté du gouvernement du site Tour et Taxis dans les mains des conseillers juridiques qui défendent juridiquement les intérêts … d'Extensa. La politique d’arrière-boutique, les conflits d'intérêts et le manque de transparence jalonnent le dossier Tour et Taxis. Le rôle du cabinet d’avocats STIBBE est à pointer : spécialisé dans le droit des affaires, STIBBE conseille les promoteurs de Tour et Taxis. Mais à qui fait appel le gouvernement bruxellois pour rédiger des ordonnances et arrêtés sur les questions d'urbanisme ? STIBBE. Et qui vient d'être engagée au cabinet du ministre-président Rudi Vervoort ? Une avocate du cabinet STIBBE.

Le gouvernement n’a pas fait un appel d’offres public pour engager ses conseillers juridiques dans le dossier. Le PS est aux commandes, mais le Secrétaire d’Etat au Logement Christos Doulkeridis (Ecolo) n’est pas intervenu pour défendre la transparence…

Pour le projet Néo, toute une série d’organismes publics et semi-publics ont été créés ou ont été impliqués dans le processus de la mise en place de ce projet. Dans cette toile d’araignée, les noms de deux hommes reviennent constamment : celui du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close et de son ami PS Henri Dineur. Vous avez par exemple l'organisation à but non lucratif Brussels Expo, le gérant des palais du Heysel. Philippe Close en est le président. Henri Dineur est membre du conseil d'administration. Philippe Close est également membre du conseil d'administration de l'asbl Atomium, l'ASBL Parc des Expositions de Bruxelles et l'ASBL Bruxelles Major Events, qui sont tous étroitement impliqués dans le développement du site du Heysel… Bref, la ville est façonnée par les investisseurs, pour leur rentabilité et une certaine classe politique leur facilite la tâche car elle en profite également. Et les dindons de la farce sont la population qui voit les loyers exploser, les inégalités se creuser, la pauvreté augmenter…

Nous voulons des quartiers intégrés

Le droit à la ville que nous concevons intègre le droit au logement, le droit aux soins de santé, le droit à l’enseignement, le droit au travail, le droit à la culture, le droit à la participation et à l’espace public. Il faut une politique communale sociale et diversifiée au lien de la soif du gain et du prestige. Nous sommes pour une rénovation et une revalorisation de la ville basées sur une logique publique, pour répondre aux besoins des habitants car le privé n’est pas capable d’y répondre. Un quartier intégré est un quartier où les logements, les soins de santé ou l’enseignement sont accessibles, abordables et convenables. Un quartier avec des infrastructures publiques en suffisance et proches des gens : bibliothèques, piscines, crèches, plaines de jeux, infrastructures sportives et culturelles, espaces verts...

Un quartier avec des services sociaux de proximité, avec des services d’utilité publique, par exemple avec à nouveau, des bureaux de poste et des agences bancaires. Un quartier intégré, c’est donc pour nous un quartier avec :

  • une école de qualité avec des classes bilingues

  • des logements accessibles à la grande majorité des citoyens (en offre diversifiée incluant des logements sociaux de qualité, des logements de la Régie Foncière abordables, des loyers encadrés sur le marché privé)

  • des soins de première ligne de qualité et gratuits avec des maisons médicales dans chaque quartier

  • un bureau de poste (avec accès Internet), une agence bancaire publique et un distributeur automatique de billets

  • des espaces verts et des aires de jeux en suffisance

  • des lieux de rencontre et des maisons de jeunes

  • du respect et de la diversité

  • des containers enterrés et un service d’enlèvement des déchets adéquat, un quartier sans déchet

  • des agents de quartier qui habitent le quartier et connaissent réellement les habitants

  • une infrastructure de proximité : une bibliothèque de quartier, une ludothèque, …

  • des transports publics fréquents, développés et gratuits, un service public de vélos partagés et un service public de voitures partagées

  • des commerces diversifiés dans chaque quartier : coiffeur, boulanger, épicier...

Notre Grande Enquête : un dialogue exclusif avec 850 Bruxellois

Fin octobre 2017, le PTB Bruxelles Ville a lancé un grand sondage sur Bruxelles. Durant quatre mois, des dizaines de membres du parti ont bravé les temps d’automne et d’hiver pour soumettre une quarantaine de propositions à un maximum de personnes. Les résultats de cette Grande Enquête nous donnent une vue unique sur le regard que le Bruxellois porte sur sa ville.

Avec sa Grande Enquête, le PTB a proposé un questionnaire consistant aux Bruxellois. On leur a demandé d’indiquer les trois thèmes les plus importants pour la Ville, et, pour dix thèmes, de choisir la meilleure parmi quatre propositions. De nombreuses personnes ont aussi fait elles-mêmes de nouvelles propositions. On devait aussi marquer son accord ou son désaccord avec deux thèses sur la politique de la Ville. En moyenne, les répondants ont eu besoin d’un quart d’heure pour répondre à la Grande Enquête, ce qui fait un total de 212,5 heures de dialogue.

850 Bruxellois ont pris le temps de donner leur avis au PTB. Le logement, l’enseignement et l’emploi ainsi que la santé sont les grandes priorités.

Pour le logement, les différentes propositions recueillent les résultats suivants :

  • Baisser les loyers avec un prix plafond : 37% des sondés ont choisi cette proposition

  • Rénovation des bâtiments inoccupés pour les plus démunis : 26%

  • La commune doit isoler et rénover les vieux logements : 13,5%

  • Imposer 30% de logements sociaux dans chaque projet immobilier. : 12,8%

  • Autre : 10%

Au niveau de l’enseignement :

  • Un enseignement bilingue : 32,7% des sondés ont choisi cette proposition

  • Une place dans chaque école de qualité : 20%

  • Un maximum de 15 élèves par classe : 19%

  • Un enseignement 100% gratuit : 17,6%

Au niveau de l’emploi pour tous :

  • Plus d'emplois publics : 33,15%

  • Un suivi personnalisé pour chaque bruxellois: 20,8%

  • Contrôler et sanctionner les entreprises qui discriminent avec des testings : 18,5%

Au niveau de la santé :

  • Une maison médicale dans chaque quartier avec des soins gratuits : 38,3%

  • Diminuer le trafic et la pollution de l'air, source de maladies (asthme, cancer...) : 30,4%

Pour la jeunesse :

  • Un soutien scolaire gratuit organisé par chaque école: 30% des sondés ont choisi cette proposition.

 

Tous les résultats de notre Grande Enquête sont incorporés dans le présent programme. Ce programme, c’est donc votre programme.

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?