Le gouvernement n’exclut pas une hausse du prix de l’eau à Bruxelles. « Injuste » pour le député Michael Verbauwhede

PTB Région de Bruxelles-Capitale 
Communiqué de presse

 


Le député bruxellois PTB Michael Verbauwhede est intervenu ce matin en commission environnement au parlement bruxellois pour refuser toute hausse des tarifs de l’eau. Le 31 août dernier paraissaient des informations dans la presse selon lesquelles Hydrobru (l’intercommunale bruxelloise de gestion de l’eau) s’apprêtait à augmenter les tarifs de l’eau. Suite à une levée de boucliers de la part du PTB, mais aussi des grands syndicats (FGTB, CSC) et du syndicat des locataires, le gouvernement faisait marche arrière et demandait à Hydrobru de revoir sa copie. Mais dans sa réponse, Céline Fremault, la Ministre en charge de l’environnement, n’a pas exclu une augmentation du prix de l’eau.

Dans le projet d'Hydrobru paru dans la presse, c’était surtout les ménages moyens et les locataires sociaux qui auraient payé la facture. Pour Michael Verbauwhede, cette augmentation était intolérable : « Alors que le gouvernement fédéral a déjà augmenté le prix de l'électricité, Hydrobru voulait en rajouter une couche. Augmentation du prix de l'électricité, du prix de l'eau, quelle est la prochaine étape : faire payer l'air qu'on respire? »

Le député a aussi rappelé que l’accès à l'eau potable était un droit fondamental reconnu par l’AG de l’ONU en juillet 2010 : « le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme ».

Il est important aussi de rappeler que le prix de l’eau a déjà augmenté ces dernières années : la facture d’eau d’un ménage moyen de 2 personnes, soit 80m³ par an est passé de 239 € à 306 € (+ 28 %) en 5 ans. Et si l’on compare à 2005 (soit une période de 10 ans), l’augmentation est de 61 % (rapport annuel d’Hydrobru). « D’un autre côté, continue le député bruxellois, avec la paupérisation de la population bruxelloise, il y a aussi eu une augmentation du nombre de plans de paiement (plans pour étaler les paiements des personnes ayant des difficultés à payer leurs factures d’eau). En 5 ans, le nombre de plans de paiement a très fortement augmenté : de 15.238 en 2010 à 25.136 en 2014, soit une augmentation 65 % ! »

Hydrobru voulait augmenter les tarifs pour réaliser des investissements importants sur le réseau de distribution. Mais pour le PTB, ce n’est pas aux ménages bruxellois de payer ces investissements : « quelles sont donc vos solutions pour permettre les investissements nécessaires pour Hydrobru : prévoyez-vous une augmentation des subsides régionaux ? », a demandé le député.

La Ministre Fremault, dans sa réponse, n’a pas du tout fermé la porte à une augmentation du prix de l’eau à Bruxelles. Elle évoque des vagues « principes en matière de tarification », et évoque un prix « objectif » et « juste ». Ce qui a fait bondir le député PTB : « mais quelle est votre notion de la justice ? De l’objectivité ? S’il y a déjà 500 interruptions de fournitures d’eau en 2013, 25.136 plans de paiement en 2014, une augmentation du prix de l’eau de près de 30 % en 5 ans, alors que la population bruxelloise devient de plus en plus pauvre, on est déjà dans une situation injuste ! », a rétorqué le député.

Et Michael Verbauwhede de conclure : « ce sont une fois de plus les ménages et les allocataires sociaux, déjà durement touchés par les mesures du gouvernement fédéral antisocial, qui vont en être les victimes. Vous avez le devoir, la nécessité d’empêcher toute augmentation du prix de l’eau ».

Un combat européen

La décision du gouvernement bruxellois s'inscrit dans la logique des directives européennes qui préparent le terrain pour une libéralisation de l'eau, ouvrant ce marché à des sociétés privées. L'augmentation des tarifs est justifiée par le principe du « coût-vérité ». Selon ce principe, les usagers (bientôt « clients ») sont censés payer le coût réel du service. Ainsi l'UE veut créer les conditions pour que des entreprises privées puissent entrer dans ce secteur devenu rentable. Cela va évidemment à l'encontre du principe même de service public. Car garantir l'accès à l'eau à tous par un service public, cela implique justement que l'usager ne paie pas nécessairement le coût réel du service. Tout comme les usagers de la STIB ne paient pas le prix complet du ticket de métro, ni les élèves le coût réel de l'enseignement.

Partout en Europe, des citoyens s'opposent à cette logique, comme la fameuse Water Tax Revolt en Irlande. Au niveau européen, ils se sont rassemblés dans la campagne right2water.eu. Cette plate-forme a réussi à récolter déjà 1,9 millions de signatures pour une initiative citoyenne européenne demandant l'exclusion de l'eau des traités de services (comme le TTIP et le CETA) et des marchés publics. Suite à cette campagne, ce 8 septembre, le Parlement européen a voté une résolution demandant à la Commission européenne d'élaborer des lois et réglementations garantissant que l'eau soit considérée comme un droit de l'homme, tel que stipulé par les Nations-Unies.

Contact presse :

Michael Verbauwhede, député bruxellois PTB, 0473 40 04 37