Pour un secteur culturel plus fort et plus uni : Le PTB se met en marche

Jusqu’ici, le PTB avait été relativement discret sur la scène de la politique culturelle belge. Aujourd’hui, les choses bougent : le Parti compte beaucoup de nouveaux membres, dont plusieurs artistes. Le moment est venu de mettre sur la table des propositions concrètes, pour réclamer une subvention plus juste et plus massive de la culture. Et lui redonner la place centrale qu’elle mérite.

Stéphanie Koplowicz

Aujourd’hui, l’expression culturelle francophone et néerlandophone bénéficie d’une popularité au-delà de nos frontières qui ne demande qu’à être encouragée. Mais trop de jeunes créateurs travaillent dans notre région avec des moyens insuffisants. Au cours des vingt dernières années, la politique de subvention a connu un tournant : en plus d’une baisse des montants alloués, ceux-ci sont distribués à de plus en plus de bénéficiaires différents. Ce « saupoudrage » des subsides ne parvient pas à libérer tout le potentiel de créativité de nos artistes. Au contraire, il crée une tension entre les différents acteurs du monde culturel (artistes, compagnies, gestionnaires d’institutions…). Or, dans ce secteur, comme dans tous les autres, le PTB souhaite privilégier l’union des forces et non créer de la concurrence entre les gens. A cette problématique s’ajoute ce que bon nombre d’artistes ressentent comme une véritable « chasse aux sorcières » de la part de l’ONEM. Cet acharnement est du à la politique d’austérité globale qui frappe tous les travailleurs mais aussi à l’absence d’un statut clair pour les artistes. Ceux deux thèmes, mais bien d’autres aussi, sont au cœur des préoccupations de notre nouveau groupe de travail – bilingue et pluridisciplinaire.

La première concrétisation de cette réflexion a pris la forme d’une intervention de notre parlementaire Claire Geraerts au Parlement Bruxellois au sujet d’un nouveau règlement régissant les aides octroyées aux stagiaires travaillant dans le secteur artistique – le « fonds d’acteurs ». L’idée générale de ce nouveau règlement était d’augmenter le budget mais aussi de baisser la rémunération par stagiaire. Nous ne pouvons que regretter cette spirale vers le bas. Ce que nous souhaitons, c’est une revalorisation globale de la culture et de la pratique artistique, pas une précarisation de ses travailleurs, déjà fragilisés par la nature intermittente de leur profession.

Réfléchir à un véritable statut pour les artistes, renforcer les liens entre les différentes disciplines, les différents travailleurs du secteur et les différentes communautés du pays, mettre en place un système de subvention juste et transparent et permettre ainsi une accessibilité et une diversité plus grandes de l’offre culturelle et artistique… Voici autant de défis qui attendent le groupe de travail Artistes et Culture que le PTB vient de voir naître.

Marguerite Topiol, 33 ans, artiste, au CPAS

« Je suis sortie de l’INSAS en 2011, un diplôme en poche. En 6 ans, j’ai créé moi-même trois spectacles. Mais pour aucun d’entre eux, je n’ai reçu de subsides ou bénéficié d’une co-production avec un théâtre. C’est le royaume de la débrouille. En tant que jeune artiste, j’ai l’impression de ne pas être aidée parce que je ne réponds pas à certains critères – qui sont parfois très flous. J’ai déposé un dossier à la Commission d’Aide au Projet pour mon premier spectacle et malgré le fait qu’il a plu à de nombreux membres du jury, il n’a pas fait l’unanimité et n’a donc pas reçu de soutien. C’est très frustrant. De plus, on a d’énormes difficultés à obtenir des rendez-vous avec des directeurs de théâtre… Dans l’un des cas, il m’a fallu 6 ans !

Aujourd’hui, malgré le fait que j’enchaine les projets, je n’ai pas réussi à ouvrir mon droit au chômage. Alors que je travaille presque chaque jour, je ne peux « prouver » que 6 cachets par an environ. Je dois pratique mon art en faisant du bénévolat et ma seule solution est de demander l’aide du CPAS.

Je pense que c’est aux artistes de prendre leur destin en main. C’est pour cela que j’ai rejoint le PTB. Je pense que je peux y trouver des outils pour me battre et encourager les autres à se battre avec moi. C’est aux artistes et pas à quelques porte-parole de réagir en masse et de mener des actions – si possible artistiques- pour réclamer que les choses changent. »

 

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