Les Bruxellois paient en moyenne 150 euros trop cher pour leur loyer

Dans le cadre de sa campagne « Baissons les loyers », le PTB en Région bruxelloise a présenté à la presse son calculateur des loyers. Avec ce constat : dans la capitale, les locataires paient en moyenne 150 euros de trop.

À la veille du débat sur la régionalisation du bail, le PTB lance son calculateur des loyers. Ce calculateur montre concrètement quel serait votre loyer s'il avait simplement suivi l'évolution du coût de la vie et non les augmentations faramineuses que l'on connaît aujourd'hui.

En quelques clics, vous pouvez vous aussi calculer concrètement ce que vous pourriez récupérer tous les mois si votre loyer n’avait suivi que l’inflation. Retrouvez le calculateur sur www.baissonslesloyers.be.

Certains écarts sont impressionnants. Ainsi, Sarah et Joaquim paient un loyer de 800 euros pour un appartement avec deux chambres dans le bas de Forest. Or d’après les estimations du calculateur, ils ne devraient payer que 574 euros. Soit une différence de 226 euros par mois.

Cela montre que des mesures contraignantes sont nécessaires. Le PTB a introduit une proposition de loi pour faire baisser les prix à l’aide une grille des loyers contraignante. Pour faire passer cette proposition, nous avons besoin de vous : signez et partagez la pétition.

Plafonner les prix avec une grille des loyers contraignante

La proposition du PTB consiste à plafonner les prix à l'aide d'une grille des loyers contraignante. Le principe est simple : on se baserait sur une série de critères objectifs (nombre de chambres, nombre de mètres carré, localisation…) pour calculer un loyer maximum. Avec cette proposition, on pourrait, dans un premier temps, revenir à la situation de 2004, date à laquelle les loyers ont explosé. Au lieu de payer aujourd’hui un loyer moyen de 750 euros, les Bruxellois paieraient 600 euros. Soit une différence de 150 euros nets tous les mois. Un montant qui pourrait être consacré à d’autres postes comme les loisirs, les activités pour les enfants…

Aujourd’hui, en tant que locataire, vous n’avez aucune marge de manœuvre pour négocier votre loyer. Le manque de logements abordables force les Bruxellois à se loger dans des logements trop chers, trop petits et/ou de mauvaise qualité. En rendant la grille contraignante, les locataires pourront se tourner vers un juge de paix.

La ministre bruxelloise du logement Céline Frémault choisit son camp, celui des gros propriétaires

Les loyers à Bruxelles ont explosé ces dernières années. Concrètement, le loyer moyen d'un appartement a augmenté de 22 % en plus du coût de la vie depuis 2004. Une augmentation que rien ne justifie si ce n’est le profit maximum.

Dans sa logique du tout-au-privé, le gouvernement bruxellois laisse promoteurs et gros investisseurs contrôler la grande majorité du parc locatif et imposer leurs prix. Conséquence ? Le marché privé en tire un maximum de profits. Puisque la demande est plus forte que l’offre, le logement devient une marchandise dans laquelle il est très rentable d’investir. Il y a alors spéculation et cela tire artificiellement les loyers vers le haut.

Par conséquent, une majorité de locataires a du mal à se loger décemment à prix abordable. La majorité des ménages bruxellois consacrent plus de la moitié de ses revenus pour se loger. Cela accélère le risque de pauvreté. Certains se voient même contraints de quitter Bruxelles. Le droit au logement n’est plus assuré. Se loger décemment dans notre régions devient un privilège.

Si c’est possible ailleurs en Europe, pourquoi pas chez nous ?

Face à des défis similaires, d’autres villes ont adopté des mesures de contrôle des prix du marché immobilier. C’est le cas à Berlin, Stockholm, Amsterdam et même tout récemment à Paris. Bruxelles pourrait s’inspirer de ces mesures et les améliorer.