Le Plan Smet livre les taximans à Uber. Des alternatives existent...

Le Ministre Smet fait entrer le loup dans la bergerie 

Un plan qui ouvre le marché taxi à la multinationale Uber. Jusque-là, UberPop était interdit sur le marché taxi. Et UberX était accepté, mais exclusivement sur le marché limousines. UberX se vante de 500 chauffeurs à Bruxelles alors qu'il n'y a que 296 limousines reconnues à Bruxelles. La plus grande partie des UberX opèrent donc illégalement à Bruxelles avec des licences flamandes ou wallonnes. Le nouveau Plan Taxi permet à UberX de finalement rentrer dans le marché taxi, à condition que les chauffeurs fassent leur permis de capacité. Le Plan Smet rajoute 500 licences. Avec 2 à 3 chauffeurs par licence, 1000 et même 1500 chauffeurs Uber peuvent potentiellement se rajouter au marché taxi.

Le nouveau tarif minimum = un tarif « dumping »

 Avant, il n'existait qu'un même tarif fixe. Le modèle Uber nécessite un tarif libre, plus bas, pour prendre le marché. Et comme par hasard, Ministre Smet introduit un nouveau tarif libre qui peut varier entre un tarif « minimum » et un tarif « maximum » de 250% de ce prix minimum. Ce tarif sera fixé par chaque « plate-forme » (application) en concertation avec ses chauffeurs. Mais nous savons quel est le rapport de force pour négocier entre une multinational et ses chauffeurs. Le tarif minimum sera fixé par un régulateur « en concertation avec le secteur et les utilisateurs au sens large ». Un taximan gagne actuellement +/- 6€ net par heure, après déduction des frais. C'est déjà largement en-dessous du salaire horaire minimum. Si le nouveau tarif « minimum » se rapproche des prix actuels d'UberX (30% en-dessous du tarif fixe) le salaire par heure pourra baisser vers les 5€/heure. Un vrai dumping social...

Des chauffeurs épuisés qui font 16 heures par jour?

Déjà maintenant le taximan doit travailler 12 heures par jour, 6 jours sur 7 pour gagner sa vie. Avec le Plan Smet, aux moments calmes, le tarif « libre » va aller en-dessous du prix fixe. Uber va rafler les quelques clients qui se présentent. Plus moyen de trouver encore des clients aux tarifs fixes. Donc les taximans travaillant au tarif fixe vont voir leurs recettes encore baisser. Aux moments où la demande est grande, il y aura 1000 chauffeurs Uber, voire plus, qui vont prendre des clients. Les taximans auront le choix entre se soumettre à Uber afin de rentabiliser les heures creuses ou faire des journées de 14 à 16 heures. Alors que pour la sécurité des passagers, un chauffeur de la STIB ne peut pas rouler plus que 8h39 d'affilée…

Un secteur taxi d'utilité publique et accessible, c'est possible!

  • Pour un service de taxi moins cher et complémentaire avec les transports en commun

  • Pour un service de taxi moderne, avec une unique application régionale publique

  • Pour un service de taxi qui garantit un salaire et des conditions de travail correctes

  • Pour un service de taxi sans intermédiaires privés (centrales, Uber...)