La commune d'Ixelles sacrifie la police de proximité

Lors des rencontres citoyennes organisées dans la commune d'Ixelles, l'objectif de la majorité de réduire le nombre de commissariats de quartier sur le territoire de la commune a été abordé. Le PTB Ixelles s'oppose à cette suppression, pour le parti de gauche, les antennes de quartier sont nécessaires pour une police proche des gens.

Marilyse Broers, responsable du PTB Ixelles : « Nous pensons que c'est avec des agents de quartier, qui connaissent bien le terrain, qu’on fera avancer les choses. Or que fait la commune ? Elle prévoit de supprimer les derniers commissariats de quartier, celui de Matonge est déjà fermé, celui de la place Flagey va suivre et celui de la rue Lepoutre fermera en 2020.»

La suppression des antennes de quartier se fera dans le but de rationaliser les services de police et de les centraliser.

Mais pour le PTB, rassembler les commissariats aura pour effet d’éloigner les agents des habitants, d’avoir un gros bâtiment impersonnel, de ne pas développer toute la politique de prévention qui se construit sur du long terme. « Et c’est justement le fait que les commissariats de quartier sont implantés dans les quartiers, qui fait toute leur spécificité, voire leur efficacité » précise Marilyse Broers.

Les agents de quartier ne sont pas là actuellement en outre « que pour récolter des plaintes », souligne-t-elle encore. Ce que Mme Dufourny semble penser, en arguant que certains commissariats enregistrent « (…) à peine 300 plaintes par an », chiffre d’ailleurs à vérifier.

Marilyse Broers : « Les agents de quartier sont des créateurs de liens sociaux, ils connaissent les familles, connaissent la situation des gens. Chez qui va-t-on quand on a un problème de voisinage par exemple ? Ils sont aussi en première ligne face à la radicalisation des jeunes, ce sont les mieux à même de signaler quand il y a danger, les mieux à même à accompagner les familles. Quand ils proviennent en plus eux-mêmes de notre commune, c’est l’idéal. »

On peut se demander en effet si un commissariat d’une centaine d’agents, qui centralise tous les services administratifs au même endroit, peut avoir la même fonction qu’une petite antenne de police, de quelques agents, connus des habitants.

Marilyse Broers : « C’est une différence importante en terme de vision politique du travail policier. Nous avons une vision sociale, de proximité, de la police. Ces antennes en font partie, il faut les préserver. Mme Dufourny a une vision répressive et managériale de la police. Nous avons constaté que les agents présents lors des rencontres citoyennes partagent notre point de vue. Nous sommes prêts à les soutenir. »